Lezardufeu, émaux sur cuivre
émaux sur métaux

L'émail est une substance cristalline poudreuse, vitrifiable au feu, et composée d'un mélange complexe d'oxyde de plomb et de sable quartzeux qui se combinent avec une base (soude ou potasse) grâce à des liants comme la magnésie, le nitre ou le salpêtre.

Le mot viendrait du vieux français "smalt" (ou schmalt), lié à "schmelzen" qui veut dire "fondre" en allemand
(source: Wikipedia)

Ces composants sont généralement rendus opaques par l'adjonction d'oxydes métalliques qui les colorent. Les oxydes métalliques sont de couleurs très variées selon la nature du métal et la manière dont on l'a traité. Pour obtenir du bleu, on utilise de l'oxyde de cobalt.; le cuivre produit du vert, du rouge ou du noir, selon le degré d'oxydation ; les sels de fer les plus oxydés donnent du rouge ou du brun ; avec le manganèse, on a du violet ; l'argent permet d'obtenir des jaunes ; l'étain ou le zinc servent à préparer les blancs ; le rubis, ou rouge brillant, est fabriqué avec de la poudre d'or.

Le mode d'application de l'émail sur le métal a beaucoup varié au cours de l'histoire. Il existe ainsi des émaux cloisonnés, des émaux champlevés et des émaux peints.
On compte trois principaux types d'émail : cloisonné, champlevé et peint. L'émail de plique à jour est dérivé de l'émail cloisonné et l'émail sur basse-taille, du champlevé.

les techniques traditionnelles des émaux sur métaux

L'émail cloisonné
Comme l'indique leur nom, les cloisonnés consistent à séparer le support émaillé en segments de différentes grandeurs en traçant des dessins à l'aide de fil d'argent ou de fines lamelles de métal . Une fois le dessin reproduit, on les fixe avec une colle dénommée "gomme adragante" qui disparaîtra avec la cuisson.
Les cloisons délimitent ainsi un certain nombre de cuvettes, correspondant aux différentes zones de couleurs. : il suffit ensuite de déposer l'émail dans chacune des cuvettes, et de cuire l'objet émaillé.

L'émail champlevé
L'émaillage champlevé est réalisé en gravant une surface métallique (habituellement une plaque assez épaisse de cuivre) de manière à ménager de petites cavités. Ces creux sont remplis d'émail qui est ensuite chauffé. Après cuisson, l'émail vitrifié se solidarise avec son support. Le ponçage égalise la surface, la dorure masque l'apparence vile du métal.
Avec cette technique, on peut émailler soit le fond, soit le motif du dessin. Très souvent, lorsque le fond seul est recouvert d'émail, le motif est gravé sur cuivre à l'eau forte. Parfois, l'artiste qui champlève exécute aussi quelques cloisonnements pour souligner certains détails délicats de l'oeuvre, comme le visage ou les vêtements.

L'émail peint
La technique de l'émail peint consiste à recouvrir une plaque de métal d'une couche d'émail blanc cuite. Le dessin est ensuite appliqué sur le fond blanc. Chacune des couleurs doit être chauffée séparément parce qu'elles n'entrent pas en fusion à la même température. Traditionnellement, on applique les couleurs au pinceau, mais on utilise également la pulvérisation ou la peinture à la bruine.

L'émail de plique à jour
L'émail de plique à jour, dérivé du cloisonné, diffère en ce que les séparations sont montées sur de l'argile qui soutient l'émail pendant la cuisson. Après refroidissement, l'argile est ôtée et l'émail produit un effet de vitrail. Parce qu'il n'a pas de support de base, l'émail de plique à jour est exceptionnellement fragile ; il reste peu de vestiges des premiers exemples de cette technique.

L'émail sur basse-taille
Le procédé de la basse-taille, dérivé du champlevé, est appliqué à l'argent ou à l'or. Le métal est gravé ou martelé à diverses profondeurs, en fonction du dessin. Les dépressions sont ensuite remplies d'émail transparent, à travers lequel on peut voir le dessin situé en dessous.

La grisaille
Pour cette technique, la plaque de cuivre est recouverte d'une couche uniforme d'émail noir.
Après cuisson, l'émailleur travaille avec du "blanc de Limoges" à l'aiguille ou au pinceau, en diverses densités, donnant à la matière différents effets de gris et de blancs (ombres et lumières). Le blanc peut aussi être remplacé par de l'or, ou mêlé à des couleurs.

(source: Artisanat d'Art et Wikipedia)


Il existe beaucoup d'autres techniques pour travailler l'émail, et de nombreux livres traitant de ces techniques. Cependant, la plupart des ouvrages sont très difficiles à trouver sur le marché.
Citons-en deux, particulièrement intéressants:

"Les émaux sur métaux" de Marie-Thérèse Masias, Pierre Bruandet, Jean Adam, et Jean Carreau, chez Dessain et Tolra - Paris 1974

"L'art des émaux" de Gertrud Rittmann-Fisher, chez Colin - 1992

Nous reviendrons plus en détail sur ces 2 ouvrages, car ils contiennent des informations très intéressantes sur des techniques et "astuces" indispensables à qui veut approfondir toutes les possibilités du travail de l'émail.

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